Top 5: L’art et le corps humain

L’Homme et le corps humain sont étroitement liés à l’art. C’est l’humain qui le créé, qui s’y intéresse, l’étudie, l’admire, et le critique. Pas d’art sans hommes, et pas d’hommes sans art non plus. Cette confusion des deux entités, « Homme et art » , remonte à la naissance des premières civilisations. L’homme n’est pas seulement la main qui crée mais également le support, le modèle, la source d’inspiration, finalement l’art lui-même.

Para’Graph s’y est intéressé pour vous proposer le top 5 des relations entre Art et corps humain.

1. LES REPRÉSENTATIONS DU CORPS HUMAIN

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L’homme de Vitruve, Léonard De Vinci – 1490

La représentation du corps est aussi ancienne que l’homme. De l’art primitif aux hiéroglyphes, jusqu’aux portraits des rois et aristocrates, c’est la première forme que prend l’art : une forme figurative.

La représentation de l’Homme a énormément servi pour communiquer des modes de pensées, des découvertes et des théories. Par exemple, l’œuvre de L’homme de Vitruve en témoigne par son utilité pour la science et pour l’histoire.

Le vrai changement dans les représentations du corps se produit au XXème  siècle, qui est le témoin des courants artistiques les plus géniaux : le surréalisme, le cubisme, le pop-art, l’art contemporain, etc. On peut dire que la représentation du corps se libère des contraintes rationnelles du passé pour s’exprimer dans toute sa complexité.

Il existe mille et une façons de représenter le corps humain, notre première source d’inspiration.

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nicolas-lavarenne.pngPour les curieux : Allez voir « Les Hommes nus » de Nicolas Lavarenne,  exposition à ciel ouvert à Antibes :

Nicolas Lavarenne est un artiste né en 1953 à Nice. Durant l’été 2016, les remparts d’Antibes ont été animé par de sublimes sculptures de bronze : hommes mimant le combat, nus élancés culminant vers la mer depuis les remparts, ou bien perchés sur leurs échasses en veillant sur la ville mais également suspendus entre deux rues.  Ces dix-neuf sculptures ont su décorer le paysage antibois en redéfinissant les espaces et les contours de la ville. Ces œuvres se remarquent par cette impression de mouvement figé par le temps mais aussi par le silence qu’elles procurent, elles évoquent à la fois légèreté, délicatesse, grâce et puissance.

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2. LE BODYPAINTING

L’art du bodypainting est vieux comme le monde. Il peut servir à rendre hommage aux morts, ou comme symbole de distinction dans de nombreuses tribus aborigènes aujourd’hui encore : en Papouasie, le maquillage change en fonction du rang de la personne, comme après un rite pour le passage à l’âge adulte. Il peut également avoir des vertus pour la peau, comme chez les Himbas qui utilisent un pigment spécial pour protéger leur peau du soleil. Pour en savoir plus sur les peintures tribales : http://www.wonderful-art.fr/la-peinture-corporelle-a-travers-le-monde-part-1/

Contrairement au tatouage, il ne reste pas à vie. Néanmoins, il comporte de nombreux codes semblables à ceux du tatouage : les signes, couleurs et motifs ont différentes significations selon les influences culturelles que nous avons. Aujourd’hui, le body painting se rapproche de l’art de la performance : ce ne sont pas seulement les modèles et le résultat final qui sont exposés, mais toutes les étapes de maquillage qui sont montrées au public. Ces performances se réalisent la plupart du temps lors de salons : festivals de tatouage, de maquillage, convention (Japan expo), et bien sûr au Festival Mondial du Bodypainting.

Encore du mal à voir à quoi peut ressembler le bodypaint moderne… ?

Déjà utilisé pour revendiquer un engagement, une position (Femen, hommes peints en rouge pendant les manifestations contre les violences dans les abattoires), cet art a récemment permis de rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre et à Paris, à la France.

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Cet outil non verbal de communication est aussi souvent inspiré des personnages réalisés en effets spéciaux au cinéma, de nombreux fans se lancent dans le bodypaint pour se déguiser. Vous aurez sûrement déjà vu une Mystique ou un Avatar à une soirée déguisée qui veut en mettre plein la vue….

Enfin, certains artistes s’amusent à créer des illusions d’optique par la peinture corporelle. Voici une petite liste de trompe-l’œil humains :

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Au Japon, Hikaru Cho réalise des créations troublantes de réalisme. Ses dessins se fondent complètement dans la peau du modèle, et nous laisse douter un instant.

 

Johannes-Stotter-body-painting-7Quand le bodypainting ne fait pas ressortir le corps, il peut le camoufler. C’est ce qu’a réalisé cet artiste italien avec ses différents modèles mis en scène.

 

 

 

 

Shannon-Holt-body-painting2.jpgAussi largement diffusées sur les réseaux sociaux, les photos des modèles de Shannon Holt ont beaucoup fait parler d’eux.Liant peinture et contorsion, ces corps forment des animaux, seuls ou en couple sur fond noir.

 

 

3 : LE TATOUAGE – l’Art dans la peau

Du discret tatouage sur la cheville à l’imposante figure, le tatouage est sur les corps, le premier étant daté du temps de la protohistoire, il y a plus de 4500 ans.

tattoojp.jpgLongtemps un art en marge, interdit, le tatouage est maintenant affiché : sur la peau, dans la rue, dans les shops de plus en plus nombreux, et jusque dans les musées. Des îles Samoa aux prisons russes, du tatouage traditionnel japonais aux monstres de foire exhibés dans des freaks shows, le tatouage est replacé dans son contexte historique. S’il est souvent esthétique, il est avant tout marqueur éthique et social.

D’une société à une autre, sa fonction varie : dans les îles Samoa, c’est un rite d’initiation obligatoire ; en Thaïlande, le yantra fonctionne tel un talisman ; quant au Japon, l’irezumi est d’abord un outil punitif. Face à ces pratiques punitives, ces populations font du tatouage un marqueur fort de leur identité et devient un art de l’ombre, symbole d’une exclusion assumée, d’opposition à la société.

DE L’ART POPULAIRE AU GRAND ART ?22540174_1746146975686527_1540558634361242206_n

C’est à partir du XIXe siècle que le tatouage commence à prendre une dimension plus artistique. Au Japon, en Europe ou en Amérique, les tatoueurs voyagent, échangent sur leurs modes opératoires, leurs techniques et leurs arts respectifs. Le tatouage devient un outil de communication multiculturel et protéiforme.

Fort de ce renouveau de la profession, le tatouage est sorti de son carcan traditionaliste et ouvre la porte à toute une génération de tatoueurs prêts à revendiquer une nouvelle façon de manier l’aiguille. Sorti de la rue, il s’est ouvert à de nouvelles techniques, à de nouveaux styles, et surtout à des artistes ayant à coeur de le renouveler mais garde toujours le rapport de l’oeuvre à son support; l’humain, car le tatouage, il faut l’avoir dans la peau.

4. LES COSTUMES

Tout comme le bodypainting et le tatouage, tous les costumes et ce qui est textile de manière plus générale, est un outil créatif de communication non verbal.

Les habits sont le moyen de nous vêtir en communiquant une appartenance à un groupe, l’appartenance à un corps de métier, une hiérarchie, une classe sociale ou même la personnalité et l’esprit de celui qui le porte : sérieux, fou, élégant,… La mode influence énormément le style artistique des vêtements ainsi que la tradition et les conventions. Dans une société l’habit donne une première information (ou un apriori) sur les dires d’un homme avant qu’il ne commence son discours.

Les costumes ont d’autres fonctions mais ils restent un outil pour communiquer. Souvent là pour symboliser quelque chose que la personne qui le porte n’est pas. Pour diffuser parfois un message, un sentiment ou autre. Le projet Bobine & Clap nous explique leur importance :

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Les costumes font partie intégrante du cinéma.  Ils traduisent une époque, un contexte, un milieu social, ils apportent directement du contenu à l’intrigue. Il existe différentes utilisations des costumes, que ce soit ou non, voulu. Voici donc la liste, non exhaustive, à titre d’illustration, de différentes formes de costumes au cinéma :

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  • Pirates des Caraïbes : les costumes nous permettent de différencier par exemple la marine britannique des pirates, nous donnent des indications sur l’époque dans laquelle se déroule l’histoire. Cela entraîne directement le spectateur dans une ambiance et un contexte, le plongeant dans l’action, et donne à la fiction une dimension réaliste.

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  • Les blockbusters (Marvel, DC Comics…) : ici, les costumes nous permettent de concrétiser et d’illustrer les pouvoirs de chaque personnage. Ces histoires n’ont pas de dimension historique, il faut donc les ancrer dans une réalité. En créant un costume au personnage, on lui crée une identité, il existe donc de manière concrète et réaliste.

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  • Œdipe Roi, Pier Paolo Pasolini : dans ce film, il y a une utilisation tout à fait particulière des costumes. Leur intemporalité place l’histoire dans un univers onirique, métaphorique, poétique. Les mélanges africains et européens donnent une dimension à la fois incompréhensible et absurde qui ajoute à l’histoire un aspect irréel voulu par le réalisateur.

On retrouve les costumes dans les films, dans le théâtre, dans une soirée ou une situation particulière. Et les vêtements se retrouvent dans notre vie quotidienne. Dans chaque cas, ce sont des outils pour communiquer du non-verbal. Un outil qui demande une créativité importante pour sa confection dont de nombreux métiers y sont liées. Costumière, dessinateur, graphiste,etc.

 

5. LA DANSE

Ce n’est pas plutôt la musique qui est importante ?

Chaque danse convient à une musique, et celle-ci est aussi porteuse de messages. Ces deux choses sont complémentaires dans la communication.

Dans le mouvement Free Party, c’est la phrase « On n’arrête pas un peuple qui danse. » qui caractérise au mieux le message porté par ce mouvement, aussi symbolisé par la musique techno.  La danse et le mouvement du corps sont souvent utilisés dans les slogans, publicités, pour partager une idée, pour rassembler autour d’un message ou même d’une entreprise (organisation de flash mob). Elle fascine, amuse, impressionne, touche tout le monde et ne lasse jamais. « La danse est le plus sublime, le plus émouvant, le plus beau de tous les arts, parce qu’elle n’est pas une simple traduction ou abstraction de la vie ; c’est la vie elle-même. »

Pour les curieux : qui de mieux que Monsieur « Gaga », Ohad Naharin, spécialiste du mouvement du corps, pour vous illustrer ce domaine ?

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Le « Gaga » est pour Ohad Naharin un nouveau langage qui lui permet de communiquer avec ses danseurs, et de prendre soin des corps. Le mot puise son origine dans un jeu très connu des enfants israéliens, ressemblant au cricket. Le Gaga établit une connexion entre le plaisir et l’effort. Ohad Naharin l’enseigne aussi bien à des danseurs professionnels qu’à des personnes n’ayant jamais pratiqué la danse. Il renoue avec l’écoute de nos corps, la conscience de l’espace, les sensations de notre squelette, de notre chair, de nos vêtements et nous pousse à dépasser les limites. Dans les salles de danse, les miroirs sont bannis car ils sont accusés de déformer la réalité. Les danseurs de la Batsheva apprenennent à ressentir les mouvements de l’intérieur sans se regarder dans un miroir. Ce qui compte, c’est la clarté de la forme interprétée par les corps.

Un formidablement documentaire, « Mr Gaga Sur les pas d’Ohad Naharin », retrace les pas d’Ohad Naharin et donne profondément envie de se courir sur une scène pour découvrir les créations de l’artiste.

 

 

 

 

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